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  • bernajulienmassage

Finalement, être masseur, c'est quoi?

Dernière mise à jour : 31 janv.

À partir de quel moment peut-on se considérer comme tel ? Est-ce lorsque l'on a réussi son examen, lorsque l'on valide sa formation d'anatomie et entrepris de faire, chaque année, des formations continues ?

Il me semble important de regarder de plus près ce mot : massothérapeute. Masseur et thérapeute.

De manière objective, le masseur est la personne qui masse. Au travers de différentes techniques, il s'emploie à travailler le corps de l'autre. Les buts de ces massages sont autant nombreux que ce qu'il existe de personnes sur terre.

Néanmoins, peut-on réduire le massage à cela ? Quand est-ce que le mot « thérapeute » vient gagner sa place ?

Je peux masser une personne de manière mécanique, protocolaire, routinière... Et c'est exactement ce genre de « déformations professionnelles » qui doivent être endiguées si l'on veut garder un soupçon de thérapeutique, d'âme.

Être « massothérapeute » est un titre officiel. Le masseur devient thérapeute lorsque son intention de soigner, de prendre soin, de calmer, d'unifier, prend le dessus.


Selon le dictionnaire, le mot « masser » revêt plusieurs sens, dont :

  • Sens 1 : « Réunir des personnes en grand nombre », « obtenir une forme compacte », « réunir en un tout, un ensemble ».

  • Sens 2 : « Frotter, presser, pétrir, avec les mains ou à l'aide d'appareil dans une intention thérapeutique ou hygiénique ».

Si l'on met en parallèle ces deux visions, nous pouvons y voir une corrélation : les foules peuvent être massées lorsqu'elles sont dispersées, et il en est de même avec chaque individu. Nous connaissons toutes et tous des moments où l'on se sent dispersé.e.s, où ne nous retrouvons plus.

Lorsque l'on masse une personne dans un but thérapeutique, nous cherchons à unifier, à aligner le corps et l'esprit, à les « masser » (au sens 1) ensemble.

En ce qui me concerne, c'est cette ligne directrice que j'aimerais, autant que possible, suivre dans le futur. Être à même d'apporter, grâce à une action (masser), un sentiment d'unité (de masse) aux personnes touchées. C'est dans cette direction que je veux tendre et qui constituera le fil rouge de ma pratique.


Le toucher, le massage, m'est apparu il y a peu comme une composante primordiale de la société de demain. Il est important que l'on change de paradigme.

L'effondrement global qui est en route apportera son lot de malheurs. Il sera important que des personnes soient là pour pouvoir apporter l'aide nécessaire au moment inévitable.


C'est en cela que l'apport des gens qui savent utiliser leurs mains ou toute autre forme de savoir pourra être important et vital.

Le soutien, l'entraide, la solidarité doivent redevenir des valeurs centrales de notre société.

La médecine actuelle, par exemple, telle que nous la connaissons, continue d'évoluer et de prodiguer les soins nécessaires aux personnes qui en ont besoin.

Mais une autre vision des choses est envisageable et nécessaire. Les médecines (ou pratiques) dites alternatives ont un rôle à jouer dans le futur.

Nous nous rendons compte qu'un retour à l'essentiel est vital, un retour à des valeurs plus ancrées en nous, plus ancestrales et qui, parfois, reviennent à la vie au travers de choses qui aujourd'hui nous paraissent plus « futiles », comme le toucher par exemple.

C'est comme si le toucher figeait le temps. Comme si tout s'arrêtait et nous ancrait, l'espace d'un instant, à la Terre.

Nous arrêtons de courir, nous arrêtons de projeter, de se questionner, d'anticiper... On reprend le temps de respirer et de littéralement déconnecter notre esprit.


Cela me renvoie à des notions telles que la lenteur et la patience. Des notions qui sont à l'opposé de ce à quoi nous sommes exposés tous les jours : la vitesse, le bénéfice, la performance, la compétition...


Le massage semble faire partie de ces pratiques/traditions qui font appel à des choses beaucoup plus profondes, vitales et humaines (tout du moins, ce que je considère être « humain »).


De plus, j'aime à penser que le troc pourrait revenir au cœur de nos échanges. Ces derniers, actuellement, sont, en ce qui concerne la partie professionnelle, principalement financiers. J'ai pu vivre des situations, en prodiguant des massages, où les personnes massées offraient en retour non pas de l'argent, mais d'autres services, produits. C'est une vision des choses que j'apprécie particulièrement. Les compétences de chacun sont utilisées et échangées.

Selon moi, le massage pourra se révéler important à deux moments :

  • le premier concerne le moment de la transition. Chaque transition apporte son lot d'incertitudes, de doutes, de peurs. Un effondrement sociétal et écologique aura pour corollaire une transition inévitable. Des enseignements tels que le massage seront indispensables pour des personnes pour qui la transition sera difficile à vivre.

  • le deuxième moment est l'après. Les acquis sur lesquels nous vivons depuis des siècles vont être ébranlés, des certitudes mises à mal, le confort tant recherché sera bouleversé. Nous devrons nous reconnecter avec la nature et avec nous-mêmes. Là encore, j'estime que nous devrons faire appel à des choses concrètes, des choses qui se passent au creux des mains, des choses profondes. Je pense que le massage en fait partie.


Le monde était en crise à cause du Covid-19. Nous nous rendons compte que nous sommes peu de choses. Comme dirait l'autre, « à la fin, la nature imposera son veto ». Cette crise n'est rien à côté de ce que nous pourrions vivre.

Le toucher sera un élément central du nouveau mode de vie à venir. Il saura reconnecter les gens entre eux, reconnecter les gens à eux-mêmes afin de trouver les ressources nécessaires pour avancer.

Nous voyons bien que le confinement, la distance « sociale », ou disons physique, qui est imposée entre les gens, n'est pas naturelle. Cette distance ne coule pas de source. Nous cherchons à nous connecter à nos amis virtuellement, nous avons besoin de contacts. L'homme, cet « animal social ».

Cela me prouve que l'humain est fait pour être proche, nous avons ça en nous. Nous avons le droit et le besoin, comme c'est mon cas, d'avoir des moments de replis pour se ressourcer. Mais, au final, « l'autre est un autre soi ».

Le toucher ou la gestuelle sont des choses universelles. Nous n’avons pas besoin de traduction pour nous comprendre.

N'utilisons-nous pas nos mains en faisant des gestes pour nous faire comprendre ?

La préhension, caractéristique principalement humaine (avec certains grands singes), est un point commun universel. La nature nous a donné cette faculté commune. Et, pour moi, tout ce qui relève de l'universel est intrinsèquement lié à du vital.

Le massage, en tant qu'outil de reconnexion à soi et aux autres, apparaîtra, j'en suis sûr, comme un créateur de lien social.

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